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A nos morts « Lampedusa L’écho du silence. La “mondialisation de l’indifférence « La culpabilité des dirigeants africains

logo diasporaenligne« Alors que le monde entier se désole et s’émeut de l’hécatombe de Lampedusa, l’Afrique des dirigeants et autres chefs d’État se terre dans un silence tout en couardise et en lâcheté. À la suite d’un homme politique romain, qui a déclaré que ce drame était un drame italien, un autre a renchéri que c’était un drame européen, alors que, pour le pape François, c’est tout simplement “une honte” de laisser mourir ainsi “des gens qui fuient l’esclavage et la faim, à la quête de la liberté” . Déjà, en juillet dernier, le Souverain Pontife s’était rendu en personne sur cette île, au milieu des migrants, pour dénoncer la “mondialisation de l’indifférence”.

Autant il est normal que des voix qui comptent interpellent la conscience de l’Europe et du monde dit développer sur le coût humain de l’égoïsme des riches, autant il est anormal que les États africains, gros pourvoyeurs de ces migrants acculés de fait à la mort, ne disent rien. L’opinion, sur le continent, comprend mal pourquoi les dirigeants de l’Union africaine (UA) se tiennent à carreaux, comme si ce drame ne les concernait que de très loin.

Il va pourtant bien falloir que les États africains s’interrogent sur les raisons pour lesquelles des hommes, des femmes et de tous petits enfants fuient vers ce qui apparaît de plus en plus comme une mort certaine. “Les déplacés, le manque d’emploi et la faim” sont, certes, une explication à cet exode permanent, dont le débit n’est ralenti que par la rudesse de certains hivers – et encore !

L’autre drame de ses Clandestins africains est que personne, sur ce continent, n’ose rappeler les autorités africaines à leurs devoirs vis-à-vis de leurs concitoyens. Ici surgissent les interrogations sur la crédibilité des gouvernements africains qui ne sont même pas capable. Comme si chaque tyran avait la liberté de persécuter, à huis clos, dès lors que c’est à l’intérieur des frontières de son pays.

Le silence de l’Afrique, face à des drames comme celui de Lampedusa, se situe en droite ligne du silence sur les violations des droits des peuples, par ceux-là mêmes qui sont censés les protéger.

L’Afrique a beau jeu de reprocher à l’Europe de se barricader, ne laissant aux migrants que les voies risquées des mers agitées. Mais la responsabilité première demeure celle des dirigeants africains qui seuls peuvent, par un réel leadership, proposer à leur jeunesse, à leur peuple, cette vision qui pousse toute une nation à se surpasser, pour caresser l’inaccessible.

Tous les peuples du continent, même de pays plus pauvres que l’Érythrée, ne choisissent pas cette voie désespérée qui engloutit dans les profondeurs de la Méditerranée pour mourir dans l’écho du silence. »

Rep/ Me. Serigne Babacar Guèye

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