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Cédric Herrou : “C’est fou de devoir réinventer un tribunal pour se faire écouter”

Il existe depuis 1979 un tribunal symbolique de défense des droits des opprimés, le Tribunal permanent des peuples. Pendant deux jours à Paris, il s’est penché sur les violations des droits des migrants afin de leur apporter une écoute et des outils de défense face aux instances officielles. Le militant Cédric Herrou a notamment été appelé à la barre.

L’Union européenne et la France condamnés pour “complicité de crimes contre l’humanité” dans la crise migratoire. Ce verdict sans équivoque rendu le 7 janvier à Gennevilliers près de Paris est celui du Tribunal permanent des peuples (TPP), un tribunal d’opinion qui existe depuis près de quatre décennies et qui a vocation à “restaurer l’autorité des peuples lorsque les États et les organisations internationales ont échoué à protéger leurs droits”. En d’autres termes, il s’agit d’un outil visant à donner -dans le cas présent aux migrants- un recours lorsqu’on les pense tous épuisés. Une voix à ceux qui pensent ne pas en avoir.

Parmi les nombreux témoins et invités de marque qui se sont succédés à la barre pendant deux jours, le militant et défenseur des migrants Cédric Herrou est venu partager son expérience. “C’est fou de devoir réinventer un tribunal pour se faire écouter. Ce dont j’avais envie au départ de mes actions, c’était d’être écouté par la justice mais la justice n’a absolument pas écouté (…) Elle est devenue une arme de l’État français”, a-t-il commenté à InfoMigrants en marge des audiences du TPP.

Agriculteur dans la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, Cédric Herrou a été arrêté à plusieurs reprises pour avoir apporté de l’aide à des migrants souhaitant demander l’asile en France. Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis en 2016 et n’a de cesse de dénoncer ce « délit de solidarité ».

Si la lourde sentence de “complicité de crimes contre l’humanité” prononcée par le TPP n’a de valeur que symbolique, elle n’en sera pas moins remise à plusieurs instances telles que : le Parlement Européen, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, les commissions de l’ONU, aux organisations internationales et régionales ou encore aux ONG.

Le tribunal a également préconisé la “révision immédiate de tous les accords [frontaliers] passés entre l’UE et des pays tiers” ainsi que la ratification de la Convention de 1990 sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants. À ce jour, aucun État membre n’en est signataire.

Une partie du jury du TPP présent à Paris le 5 janvier 2018. Le juge, Philippe Texier (4e gauche), a travaillé plus de 20 ans à l'ONU. Crédits : InfoMigrantsUne partie du jury du TPP présent à Paris le 5 janvier 2018. Le juge, Philippe Texier (4e gauche), a travaillé plus de 20 ans à l’ONU. Crédits : InfoMigrants

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