Dans le centre de migrants de la Marsa, en Tunisie, la situation devient « très alarmante » | Réseau International Diaspora En Ligne
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Dans le centre de migrants de la Marsa, en Tunisie, la situation devient « très alarmante »

Après une grève de la faim au mois de novembre, une trentaine de demandeurs d’asile bloqués en Tunisie dans le centre de la Marsa, non loin de Tunis, se disent abandonnés par l’État et les ONG. Ils disent ne plus recevoir aucune aide alimentaire.

Trente-quatre demandeurs d’asile, originaires d’Afrique subsaharienne ou d’Afrique de l’ouest, sont toujours bloqués en Tunisie depuis l’été 2017. Logés dans le centre de jeunesse de la Marsa, à Tunis, reconverti en centre d’accueil, ils racontent les difficultés de leur quotidien, de plus en plus précaire, selon Ahmed, l’un des résidents du centre, contacté par InfoMigrants.

« Avant, des ONG, comme MSF, venaient nous voir de temps en temps… Maintenant c’est fini », explique-t-il. Les 34 occupants du centre de la Marsa doivent se débrouiller par eux-mêmes. « Depuis le mois de novembre, on est seuls. Nous n’avons rien à manger, on a vraiment très faim. On se nourrit de deux à trois repas par semaine, c’est tout ».

Selon Ahmed, l’Organisation internationale des migrations (OIM), qui s’occupait jusque-là de l’intendance, a arrêté ses livraisons alimentaires. « Nous sommes obligés de boire l’eau du robinet dans les salles de douche. C’est une eau non-potable… Il y a beaucoup de cas de diarrhée ! », s’offusque-t-il. « Mais qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse d’autre ? On n’a pas le choix. Ça commence à devenir très alarmant ». Pour manger, les 34 demandeurs d’asile doivent recourir à la mendicité ou compter sur l’aide de voisins et amis.

>> À relire sur InfoMigrants : En Tunisie, des migrants entament une grève de la faim

« L’OIM n’a pas de programme spécifique de gestion de crise humanitaire »

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui apporte une aide juridique aux migrants de la Marsa, confirme en partie ces dires : les ONG ont déserté les lieux. « Nous insistons auprès du secrétariat d’État à la migration pour trouver une solution mais ça prend du temps », explique Reem Bouarrouj, chargée de la migration au FTDES. « Ce qui est grave, c’est que l’État tunisien les ignore et ne leur présente aucune solution ».

L’OIM, qui dit continuer à apporter une assistance sociale et juridique aux demandeurs d’asile de la Marsa, a également confirmé l’arrêt de son aide alimentaire, à la fin du mois d’octobre 2017. « L’OIM n’a pas de programme spécifique de gestion de crise humanitaire », a expliqué l’organisation contactée par InfoMigrants. « Malheureusement, la prise en charge alimentaire [de ces personnes] ne pouvait se faire que dans les limites de ressources disponibles (4 mois) ».

Réexamen de la demande d’asile

Au mois de septembre 2017, les 34 personnes de la Marsa avaient entamé une grève de la faim, avant d’y mettre fin trois semaines plus tard. Elles réclamaient – et réclament toujours – le réexamen de leur demande d’asile et leur « relocalisation » en Europe. Les grévistes ont tous décliné l’offre d’un retour dans leur pays d’origine, chapeauté par l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Les demandeurs d’asile de la Marsa travaillaient tous en Libye avant que la guerre n’éclate en 2011. Ils ne se considèrent pas comme des « migrants » mais comme des « déplacés ». A cause des ravages du conflit libyen, ils ont été « relogés » à la frontière tuniso-libyenne, dans le camp de la Choucha pendant des années avant d’être envoyé à Tunis à l’été 2017.

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