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DROITS DE L’HOMME: « Le Qatar est un Etat esclavagiste »

le qatar« Le Qatar est un Etat esclavagiste », s’est insurgée jeudi la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), Sharan Burrow, en marge de la réunion annuelle du Conseil général qui a lieu à Bruxelles. Les dirigeants syndicaux de cinquante-huit pays ont à cette occasion fait part de leur inquiétude quant à la situation du million de travailleurs recrutés pour l’organisation de la Coupe du Monde de football 2022. »En moyenne, un travailleur meurt tous les jours au Qatar, où 1,3 million de travailleurs vivent dans des conditions déplorables », dénonce Mme Burrow.

 « Le gouvernement qatari refuse de s’attaquer au problème et d’assumer la responsabilité du mauvais traitement de la main-d’oeuvre. » La CSI déplore que la Fédération internationale de football (FIFA) n’ait pas assorti la désignation du Qatar à des conditions pour les droits des travailleurs. « Il faut que la FIFA prenne ses responsabilités et veille à la protection des personnes qui construisent les infrastructures et fournissent des services. Nous avons alerté le président Sepp Blatter il y a déjà deux ans sur le sujet, mais sans résultat.

C’est pourquoi nous lançons une campagne internationale destinée à exiger une nouvelle désignation si la FIFA persiste dans son refus de s’attaquer aux violations des droits syndicaux au Qatar. » Selon une enquête du Guardian, 44 travailleurs népalais sont morts au Qatar entre le 4 juin et le 8 août. La CSI estime que quelque 4.000 travailleurs migrants mourront d’ici 2022 si aucune mesure n’est prise. « Réputation associée à l’exploitation des ouvriers »

« La Coupe du Monde de football acquiert une triste réputation, associée à l’exploitation des ouvriers au Brésil, en Russie et au Qatar », hôtes des trois prochains tournois en 2014, 2018 et 2022, a souligné jeudi la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), Sharan Burrow, en marge de la réunion annuelle du Conseil général qui a lieu à Bruxelles. Au Brésil, la présidente Dilma Rousseff est intervenue pour mettre son véto à une disposition de la « législation sur la Coupe du monde » de 2014 qui aurait exclu du champ d’application de la loi la rémunération des bénévoles, explique Mme Burrow.

« Il incombe à la Fédération internationale de football (FIFA) et à ses comités organisateurs nationaux de la Coupe du monde de garantir des conditions justes et équitables aux personnes qui mènent à bien cet événement sportif emblématique. » En Russie, la CSI et ses affiliés s’opposent à une législation adoptée par la Douma qui permettrait à la FIFA et à ses partenaires, y compris les entreprises russes et multinationales, d’établir des conditions de travail en dehors du cadre du droit national.

Plusieurs ouvriers de la construction ont déjà perdu la vie sur les chantiers des stades russes, déplore la Confédération. En 2012, un audit révélait que la moitié environ des 50 sous-traitants engagés sur le site de Kazan avaient été sanctionnés pour avoir négligé de fournir des équipements de protection et des formations en santé et sécurité à leur personnel. Selon les médias, trois travailleurs sont morts et plusieurs autres ont été blessés à Saint-Pétersbourg, tandis que l’inspection du travail a enregistré deux morts à Kazan.

Enfin, au Qatar, où en moyenne un travailleur employé sur les chantiers des stades meurt tous les jours, 1,3 million d’ouvriers vivent dans des conditions déplorables, dénonce Mme Burrow. La situation de nombreux travailleurs peut être assimilée à de l’esclavage, soulignait mercredi une délégation de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois, après une mission d’une semaine au Qatar. « Leur liberté de mouvement est en outre sévèrement restreinte, puisque leur passeport a été suspendu. »

« Il faut que la FIFA prenne ses responsabilités et veille elle-même à la protection et non à l’exploitation des personnes qui construisent les infrastructures et fournissent des services », conclut la secrétaire générale de la CSI, qui a lancé une campagne destinée à exiger une nouvelle désignation si la fédération internationale de football persiste dans son refus de s’attaquer aux violations des droits syndicaux au Qatar.

Le président de la plus haute instance du football estimait la semaine passée, à l’issue d’un comité exécutif, que « les droits des travailleurs (étaient) de la responsabilité du Qatar et des entreprises (de construction) » et non de la FIFA. « Une intervention peut uniquement émaner du Qatar lui-même et ils ont confirmé qu’ils le feraient », avait-il déclaré.

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