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[HOMMAGE] 21 FÉVRIER 1965, MALCOLM X NÉ MALCOLM LITTLE EST ASSASSINÉ À L’ÂGE DE 39 ANS

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Biographie de Malcolm Little alias Malcolm X

 

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MALCOLM LITTLE, connu plus tard sous le nom de Malcolm X, est né le 19 mai 1925 à Omaha. Son père Earl était pasteur de l’Église baptiste et militant de la Universal Negro Improvement Association, fondée par Marcus Garvey (pasteur d’origine jamaïcaine et qui préconisait le retour des Noirs d’Amérique vers l’Afrique). Sa mère Louise était d’origine antillaise et avait la peau très blanche car sa mère avait été violée par un blanc ; elle détestait son teint blanc. Malcolm était le quatrième enfant né du couple mais le septième de son père qui avait eu trois enfants d’un précédent mariage, après lui vinrent encore deux enfants. Malcolm est de ses frères et sœurs celui qui à le teint le plus clair, ses cheveux crépus sont roux et il a des tâches de rousseur.

Après l’assassinat de son père par des Blancs du sud, les services sociaux brisent le foyer familial et arrachent les enfants Little à leur mère qui, petit à petit, perdra la tête excédée par la dureté de la vie qu’elle mène, et par sa dignité de femme noire perdue.

Le jeune Malcolm est alors envoyé chez des amis de la famille, pour finalement atterrir à 13 ans dans une maison de détention où l’on envoyait les « mauvais garçons » dans le Michigan, ce centre n’étant qu’une étape vers la maison de redressement. Malcolm habite alors chez une femme blanche qui prendra en charge son éducation. Il suit des cours à l’école au milieu des Blancs, est très bon élève, et devient la « mascotte » de la classe : le gentil nègre que tout le monde aime. Il ne partira finalement pas en maison de redressement et commencera des études dans un lycée où il s’apercevra vite que bien qu’étant le nègre dont tout le monde recherche la compagnie, il n’en n’est pas moins un nègre et de ce fait les portes des professions réservées aux Blancs se ferment à lui.

Malcolm décide alors de quitter ce lycée et ce milieu blanc qu’il ne veut plus fréquenter. Il part s’installer à Boston chez sa demi-soeur Ella qui habitait une maison dans un bon quartier de la ville. Mais Malcolm n’a que faire des Noirs qui fréquentent ces quartiers et qui se croient supérieurs aux autres Noirs, plus pauvres. C’est donc dans le ghetto noir de Boston que Malcolm forgera sa personnalité. Voulant trouver un job, il rencontre Shorty qui, originaire de la même campagne que Malcolm, le prend rapidement sous son aile. Malcolm se fait alors relooker, et défriser les cheveux. Il travaille dans une salle de bal comme cireur de chaussure, mais son travail consiste moins en cireur de pompes qu’en dealer de marijuana. En cirant les chaussures des plus grands musiciens de l’époque, et en fournissant en drogue les habitués du club, Malcolm devient vite une personnalité dans le ghetto. Il rencontre alors une Blanche, avec laquelle il entretient une relation qui durera un certain temps.

Mais Malcolm dont la voie de délinquant se trace devant lui, décide de partir à Harlem, qui était le centre culturel des Noirs américains. Là encore, il gagne sa vie en fréquentant les dealers et macros du coin. Beaucoup de Noirs laissent leur peau dans ce genre de vie dangereuse, mais Malcolm que certains trouvent indésirables à Harlem, se voit dans l’obligation de retourner à Boston et monte avec Shorty, son amie Rudie, son amie blanche et la sœur de cette dernière qui sortait avec Shorty, un gang de cambrioleurs. Les affaires marchent très bien, les jeunes voleurs s’enrichissent, jusqu’à ce que la police les arrête. Malcolm et Shorty seront condamnés à dix ans de prison, plus pour avoir couché avec des Blanches que pour avoir volé.

En 1946, Malcolm est incarcéré à la prison de Charleston, là il est réfractaire à tout discours religieux, mais est très marqué par Bimbi un détenu noir, qui discute de tous les sujets, avec un langage et un vocabulaire bien pesé. Malcolm est ensuite transféré à la prison de Norfolk où la vie y est moins dure, il reçoit des visites de ses frères et soeurs, récemment convertit à une religion que Malcolm ignorait : l’Islam. Malcolm se laisse attirer par les doctrines islamiques prêchées alors par un Noir du nom d’Elijah Muhammad, leader de la « Nation of Islam » (NOI).

L’Honorable Elijah Muhammad, de son ancien nom Elijah Poole, répand l’Islam auquel il s’est converti après sa rencontre avec le Maître Wallace Fard Muhammad, qui a fondé la NOI en 1930 pour guider les Noirs vers l’Islam qu’il disait être la vraie religion de l’homme noir, et qui s’est présenté à Detroit, comme étant celui que les chrétiens appellent Messie et que les musulmans nomment Madhi. Il enseignait que les Noirs étaient les descendant de la tribu asiatique des Shabazz. Après avoir appris jour et nuit pendant 3 ans et demi, les enseignements d’Elijah Muhammad, il partit en lui laissant la mission de guider et convertir son peuple. Les doctrines très spéciales propres à l’Islam pratiquées par Elijah Muhammad, préfigurent l’homme blanc comme le diable, qui aurait été créé il y a 6000 ans par un savant généticien du nom de Yakub, pour créer une race faible facilement influençable par le diable, dont la nature maléfique est la responsable des atrocités subies par les esclaves africains, déportés par dizaines de millions sur les terres d’Amérique, séparés de leur famille, de leur communauté parlant la même langue, et réduits à l’esclavage le plus total pour servir leur maître blanc.

En prison, Malcom apprend à connaître sa négritude, il lit un maximum de livres, recopie le dictionnaire de A à Z, apprend l’histoire de l’Afrique et de l’esclavage, et cesse de se défriser les cheveux, ce défrisage qui le faisait ressembler au diable blanc.

Quand Malcom sort de prison après 7 ans d’incarcération, il décide de consacrer sa vie à prêcher l’Islam, et faire voir la vérité à ses frères afro-américains, qu’il voit prier dans les Eglises chrétiennes le Dieu du blanc : le Dieu du démon…

En août 1952, Malcolm Little sort de prison. Il part vivre à Détroit chez son frère Wilfried, et est embauché comme vendeur de meubles par les commerçants juifs qui étaient propriétaires du magasin que tenait son frère, en plein cœur du Ghetto noir. Malcom prend alors conscience de l’étau qui enferme l’économie de la communauté noire : « l’argent, loin de servir à mes congénères, était empochées par les commerçants blancs qui habitaient généralement un quartier résidentiel où les Noirs n’avaient pas raison de mettre les pieds s’ils n’y travaillaient pas pour le compte d’un blanc ». Malcolm fréquente alors le temple musulman de la ville, et très vite grâce à sa connaissance des comportements des habitants du ghetto, prêche la parole d’Allah pour attirer ses frères vers l’Islam. Cette même année, il rencontre pour la première fois l’Honorable Elijah Muhammad, à Chicago. Sûr de la voie qu’il suit, Malcolm Little devint alors Malcolm X, le X représentant l’inconnu : le vrai nom de famille africain des noirs d’Amérique dont le nom anglophone est celui du maître blanc qui possédait toute sa famille.

En 1953, Malcolm quitte le magasin de meubles, pour travailler à l’usine de bois et dans l’été 53, est nommé pasteur du Temple Numéro Un de Détroit. En 1954, Malcolm déménage pour New York, où il devient pasteur du Temple Numéro Douze de Philadelphie puis du Temple Numéro Sept de New York. Il commence alors ses prêches dans les rues de Harlem où il avait par le passé séjourner en tant que gangster. Il n’a alors de cesse à recruter de nouveaux fidèles musulmans, à la sortie des églises chrétiennes, dans la rue. Malcolm X fait voir la véritable nature de l’homme blanc et du Dieu des blancs aux Noirs hommes et femmes réceptifs aux doctrines d’Elijah Muhammad.

Les Musulmans noirs sont disciplinés, il pratiquent l’Islam, et appliquent ses principes à leur vie quotidienne afin de se détourner des vices que leur offre la société américaine : la drogue, l’alcool, la grossièreté, le mauvais traitement des femmes, l’adultère, le vol, le crime, le mensonge sont des fléaux, par lesquels les Noirs sont les plus touchés. L’homme blanc utilise ces drogues pour maintenir l’homme noir dans l’ignorance de lui-même, et ainsi dans l’esclavage mental. Malcolm fonde alors un nouveau Temple à Springfield, puis à Hartford s’ouvrit le Temple Numéro Quatorze, où il allait prêcher tous les jeudis. Malcolm était devenu incontournable au sein de la nation d’Islam (NOI), en 1955, il se rend à Atlanta pour fonder le Temple Numéro Quinze, la NOI touche alors un nombre croissant de Noirs de toutes couches sociales et de toutes professions et Malcolm y est pour beaucoup.

En 1956, Malcolm rencontre la soeur Betty X, qui enseignait le jeudi soir aux femmes musulmanes, l’hygiène et la santé. Ne la fréquentant d’abord que comme une soeur d’Islam, Malcolm voit grandir en lui son intérêt pour Betty qui semble lui convenir parfaitement. Malcolm la demande en mariage par téléphone, et la réponse positive de cette dernière empli de joie les coeurs des hommes et femmes de la nation d’Islam. Ils se marièrent dans l’Indiana, puis habitèrent dans le Queens (NYC), où naquit en 1958, leur première fille Attilah.

La grandissante nation d’Islam, commence alors à inquiéter la haute société blanche américaine, les actions des musulmans noirs sous la direction de Malcolm X, font parler d’elles, la discipline et la parfaite organisation des musulmans augmentent leur popularité chez les Noirs, que la prise de conscience d’alors nomme désormais afro-américains. En 1959, Malcolm X fonde le journal de la nation d’Islam : « Muhammad parle ». Cette même année, il fonde un nouveau Temple à Los Angeles et voyage en Afrique, où certains pays avaient fait savoir à la nation d’Islam qu’ils appréciaient l’action menée par les musulmans pour la communauté des Africains d’Amérique descendants d’esclaves. Les musulmans noirs sont alors montrés par les médias et la société américaine comme des extrémistes qui enseignent la haine.

Elijah Muhammad, réclame un État noir indépendant sur le sol d’Amérique. Il pense que Blancs et Noirs ne pourront être reconnus égaux que si les blancs laissent les noirs fonder leur propre État, contrairement à d’autres leader noirs, Elijah Muhammad ne veut pas l’intégration des Noirs dans la société blanche : « égaux mais séparés ». Des Noirs expriment ouvertement leur désaccord et leur mécontentement avec les idées mises en avant par le nation d’Islam ; les Blancs quant à eux sont terrorisés : « C’est là une constante du comportement du Blanc à l’égard du Noir. Chez le Blanc, l’autosatisfaction n’a d’égal que sa stupéfaction lorsqu’il découvre que ses victimes ne partagent pas ce sentiment. Tout allait bien en Amérique, pendant des siècles, au temps où ses victimes exploitées, brutalisées, lui donnait du « Oui m’sieur », du « Oui, maître » et jouaient les Oncle Tom. Maintenant c’est différent ». Malcolm devient très médiatisé, participe à de nombreuse émissions de télévision, et s’exprime lors des grands meetings de la nation d’Islam. La popularité de Malcolm, ne va pas tarder à inquiéter et les autorités du pays et les autres membres de la nation d’Islam craignant que Malcolm ne vole la vedette.

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En 1960 naît la deuxième fille de Malcolm et Betty : Kubilah, deux ans plus tard c’est Ilyasah qui naît, puis en 1964 naîtra la quatrième fille du couple : Amilah. Malcolm est sans cesse occupé, tout son temps est consacré à la nation d’Islam et à Elijah Muhammad, dont il est le représentant officiel. Il est désolé de ne pouvoir passer plus de temps avec sa femme et ses filles, mais Betty comprend que la mission de Malcolm est d’ouvrir les yeux des Noirs d’Amérique.

Malcolm dont chacun des propos est abondamment commenté par les journaux ne manque pas d’exprimer son désaccord avec les autres leaders noirs. Malcolm X ne prône pas l’intégration, il veut apprendre aux Noirs l’auto-défense face aux agressions et violences des Blancs et de sa police. Lors de la grande marche sur Washington, durant laquelle le pasteur chrétien Martin Luther King fera un célèbre discours, Malcolm ne manque pas de fustiger cette marche : « Peut-on imaginer pareil spectacle ? Les révolutionnaires en colère, aux pieds nus, et leurs oppresseurs marquaient la mesure ensemble au bord des bassins des jardins publics, dans des parterres de lys, chantaient des hymnes et grattaient leurs guitares en écoutant des discours de bons samaritains. Oui peut-on imaginer pareil spectacle alors que les masses noires d’Amérique vivaient – vivent encore – un cauchemar éveillé ? ».

Au début des années 60, la nation d’Islam compte plus de cent Temples, elle est présente dans tous les Etats d’Amérique, et Malcolm est pour beaucoup dans cette réussite. Mais des jalousies se font sentir au sein de la nation à l’égard de Malcolm. Betty s’inquiète quant à leur situation financière, elle veut mettre de l’argent de côté, mais Malcolm ne veut pas paraître comme tirant un profit personnel de l’argent de la nation d’Islam. Il convint Betty que s’il devait disparaître, la nation s’occuperait d’elle et des filles, il se rendit plus tard compte que cela aurait été une erreur. Dès 1962, Malcolm n’était même plus cité dans le journal de la nation d’Islam qu’il avait pourtant créé.

Alors que les menaces de la part de la société blanche se faisait de plus en plus sentir, d’autres menaces émanaient de la nation d’Islam elle-même. Des rumeurs concernant Elijah Muhammad selon lesquels ils serait le père de plusieurs enfants illégitimes dont les mères se seraient vues exclues de la NOI, apparaissent aux yeux de Malcolm comme véridiques, bien qu’ayant du mal à le croire. Il apprend aussi de la bouche d’autres musulmans exclus qu’Elijah Muhammad tenait, en privé, des propos contre Malcolm. En avril 63, Malcolm rend visite à Elijah Muhammad, qui se justifie en citant des passages bibliques dans lesquels les prophètes ne sont malgré tout que des hommes, avec leurs défauts.

Le 22 novembre 1963, le président Kennedy est assassiné à Dallas, Malcolm X interviewé sur ce sujet commentera que la violence de l’homme blanc a fini par se retourner contre lui, que l’on récolte ce que l’on sème. Elijah Muhammad désapprouve les propos tenus par Malcolm et que la presse met en première page. Malcolm se voit exclu de la NOI pour 90 jours. Les membres de la Nation critiquent alors Malcolm au sein même des milieux musulmans.

« Je ne craignais pas la mort. La trahison était bien pire ». Malcolm se rend vite compte qu’un piège s’est refermé sur lui. Le réconfort de Betty l’aide à surmonter cette épreuve, mais Malcolm est abattu par cette trahison. Il est désormais indésirable au sein de la nation d’Islam. Un proche de Malcolm fut chargé de piéger sa voiture, mais ce dernier trop fidèle ne le put. Il en fit part à Malcolm, désormais la NOI représentait le plus grand danger pour Malcolm. Il décide de rompre totalement les liens avec la Nation. Mais il ne peut supporter l’inactivité, il a la lutte dans le sang, il vient du ghetto, et sa vie est consacrée à sortir les Noirs de la misère. Il crée alors sa propre organisation. Une organisation regroupant des Noirs de toutes religions, il accepte de s’associer à d’autres leaders, et désormais il accepte l’aide extérieure des Blancs. Il fonde alors une nouvelle Mosquée à New York. Les buts de cette nouvelle organisation sont : « éliminer l’oppression politique, l’exploitation économique et la dégradation sociale dont vingt-deux millions d’Afro-américains sont victimes ». C’est alors que Malcolm décide d’effectuer le pèlerinage de la Mecque.

Le pèlerinage à la Mecque est l’un des 5 piliers de l’Islam, tout musulman en ayant la possibilité financière et physique doit l’effectuer au moins une fois dans sa vie. Ella, la demi-soeur de Malcolm, convertie à l’Islam grâce à lui, et qui des dizaines d’années plus tôt l’avait acueilli à Boston lui avança l’argent qu’elle avait réservé à son propre pèlerinage pour qu’ainsi Malcolm puisse goûter au « vraies valeurs de l’Islam ». Malcolm n’ignorait naturellement pas que les musulmans à travers la planète sont de toutes couleurs de peau. Il avait déjà rencontré des étudiants arabe et du Moyen-Orient qui lui avait parlé de l’Islam qu’ils pratiquaient, mais en fervent disciple d’Elijah Muhammad, Malcolm X n’avait jamais plus approfondi la question. Malcolm fut présenté au docteur Youssef Chawarbi, un éminent savant, qui délivrait des visas pour la Mecque, nécessaire aux musulmans convertis aux USA.

Arrivé au Caire, Malcolm se rendit compte que son combat n’y était pas inconnu et qu’il y jouissait d’une grande popularité. Malcolm rencontra nombre d’autres musulmans de tous pays et de toutes couleurs de peau qui s’apprêtaient à faire le pèlerinage. Par contre, tout le monde s’étonnait de voir un musulman américain. Malgré tout Malcolm trouva sa place parmi le groupe de pèlerins avec qui il était. Malheureusement il lui fut d’abord interdit l’accès au sanctuaire de la Mecque, car seul les musulmans peuvent y pénétrer et les autorités musulmanes doutaient de cet américain musulman. La « mahgama charia », la haute cour musulmane examina le cas de Malcolm, qui responsable de la création de la quasi totalité des Temples musulmans aux États-Unis, se voyait aujourd’hui interdire l’accès à la ville Sainte. Les autorités musulmanes finirent par accorder à Malcolm l’autorisation d’effectuer le pèlerinage, et ils lui apprirent les rites que Malcolm ignoraient. Malcolm effectua les rituels accompagné de son Moutawaf (guide). Il fit 7 fois le tour de la Kabba, but l’eau du puits de Zem Zem, courra entre les collines de Safa et de Marwa, et gravit le mont Arafat, là en toute fraternité. Il partagea ses impressions avec d’autres musulmans parlant anglais et partagea un dernier repas avec ce coreligionnaire aux couleurs de peau si variées.

L’expérience spirituelle que représente le pèlerinage à la Mecque fit atteindre à Malcolm un nouveau stade de pensée. Il avait goûté au véritable Islam, à la véritable fraternité, qui le forçait à reconsidéré complètement nombre des pensées et croyances qu’il avait jadis, aux côtés d’Elijah Muhammad. Désormais il était persuadé que la vraie pratique de l’Islam pouvait guérir les sociétés du fléau du racisme. Le pèlerinage à la ville Sainte a transformé Malcolm, comme son premier contact avec l’Islam, en prison, l’avait déjà transformé. Désormais Malcolm Little devenu Malcolm X porte le nom musulman d’El-Hadj Malik El-Shabbazz.

Après un tour par quelques pays d’Afrique, où Malcolm constate encore une fois la réceptivité des Africains à son message, il rentre aux USA, accueilli par la presse et par les mêmes problèmes, le même racisme.

En 1965, l’activité de Malcolm et de son organisation continue, Malcolm s’adresse alors à tous les Noirs, à tous ceux qui veulent changer la société américaine. Mais la presse continue de le marginaliser comme un extrémiste, un violent qui veut armer les Noirs. Plus la pensée de Malcolm s’affinait et s’emplissait de vérité et d’efficacité, plus il devenait un danger pour la société blanche américaine, et pour la nation d’Islam d’Elijah Muhammad.

« Je me réveille tous les matins sachant que j’ai gagné un jour de plus. Je vis comme un mort en sursis ». Au début de l’année 65, Malcolm X est prié de quitter le territoire français, où il devait participer à un meeting d’étudiants africains. Il rentre alors à New York le 13 février. Dans le nuit du 14, un incendie d’origine criminelle ravage sa maison, lui, Betty (enceinte) et les 4 filles s’en sortiront indemnes. Malcolm accuse la NOI, de vouloir sa mort et celle de sa famille. Le dimanche 21 février, Malcolm doit tenir une conférence à la salle de bal de l’Audubon. Sa famille doit y assister. Malcolm avait depuis quelques temps refusé les fouilles à l’entrée des meetings. Il entra dans la salle de bal d’un pas lourd, vers quatorze heures. Il commençait à regretter d’avoir attribué à la NOI l’incendie de sa maison. « Il est arrivé depuis des choses trop importantes pour être l’oeuvre des musulmans. Je sais ce qu’il sont capables de faire. Depuis les choses sont allées plus loin, elles les dépassent. Au fond je ne devrai pas prendre la parole aujourd’hui. Je vais essayer de détendre l’atmosphère en disant aux Noirs de ne pas se bagarrer entre eux. Ca fait partie de la manoeuvre du Blanc. Moi je ne me bats contre personne. On n’est pas là pour ça ».

Le révérant Milton Galamison, qui devait participer au meeting n’arrivait pas. Benjamin X prit la parole pour ouvrir le meeting. Quand Malcolm monta au pupitre, il salua l’assemblée par le salut musulman As Salam Aleikoum. La foule lui répondit. Au 8e rang, un homme se leva s’écriant « Ôtez votre main de ma poche ». L’assemblée surprise se retourna. Malcolm demanda aux frères de se calmer. Au premier rang, trois hommes se levèrent et déchargèrent leurs armes sur Malcolm X qui s’éffondra sur les chaises derrière lui. L’assemblée plongea à terre. Betty protégea ses filles, puis accourut vers son mari. Malcolm X transporté à l’hôpital était déjà mort.

« Cher Papa, je t’aime tant. Mon Dieu, mon Dieu, comme je voudrais que tu ne sois pas mort ». (Attilah Shabbazz, 6 ans)

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Du 23 au 26 février, le corps de Malcolm X fut exposé. De nombreux hommes et femmes, noirs, blancs, jaunes, de toutes origines et religions vinrent lui rendre un dernier hommage. Le Cheikh Ahmed Assoun, accomplit les rites funéraires musulmans ; alors qu’Elijah Muhammad de son côté proclamait : « c’est une étoile qui a quitté le droit chemin ! Et celui qui tentera d’étouffer le souffle d’Elijah Muhammad court déjà à sa propre fin ! ».

Source: http://lpdw.free.fr/freedom/malcolm.htm

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