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MIGRATION: Aider les migrants de retour au Sénégal à réaliser des profits

Après cinq ans passés à l’étranger, un migrant sur quatre est rentré vivre au Sénégal, selon une enquête du Réseau International Diaspora En Ligne. Bon nombre d’entre eux ont acquis de nouvelles compétences qui pourraient favoriser le développement, mais la plupart ne reçoivent pas suffisamment d’aide pour réintégrer leur famille ou cibler leurs compétences, ce qui signifie une perte de ressources, indiquent le Réseau International Diaspora En Ligne (RIDEL).

Selon les enquêtes les plus récentes, réalisées sur le terrain, un peu plus de 750.000 migrants  travaillent à l’étranger, principalement en Afrique de l’Ouest et en Europe. La plupart des migrants sénégalais s’installent en Gambie et les 45 pour cent restants partent pour la France, l’Italie et l’Espagne.

La moitié des migrants seront de retour dans leur pays d’origine dans un délai de 30 ans, selon les estimations.

« Bon nombre de migrants ne sont pas conscients des connaissances qu’ils ont acquises. Ceux qui ont occupé des emplois non qualifiés ont eux-aussi appris des choses, comme le fait de travailler dans une grande entreprise formelle. Ils ont acquis des compétences dans des secteurs comme celui de la construction, qui a besoin de travailleurs qualifiés », a dit Lamine Camara, coordonnateur du projet migrant Sénégalais de Retour.

Les compétences acquises par les migrants de retour peuvent stimuler l’économie locale, a noté Me. Serigne Babacar Guèye spécialiste en migrations international et membre du Groupe de Recherches pour le Développement Local et Dynamiques Rurales de (RIDEL), une institution Sénégalaise qui aide les migrants à préparer et à réussir le retour dans leur pays d’origine. Il a évoqué le cas d’un migrant qui s’est installé dans la banlieue Dakaroise, pour y ouvrir une usine de production de l’eau minérale qui emploie jusqu’à 20 personnes. « Mais ils ne reçoivent pas l’aide que le gouvernement sénégalais ou d’autres partenaires devraient leur fournir ».

Abandonnés
Les migrants de retour partagent cette opinion et disent se sentir abandonnés par le gouvernement de leur pays d’accueil et par le gouvernement de leur pays d’origine. À leur retour au Sénégal, la plupart des anciens migrants cherchent du travail dans le secteur informel et créent de petites entreprises. Bon nombre d’entre eux font toutefois face à de graves difficultés financières au cours de la première année, et leurs entreprises sont bien souvent en situation d’échec en raison d’un manque de soutien à la formation, a indiqué M. Mortalla Sall du réseau Diaspora En Ligne. Les emplois qui offraient sécurité et avantages sociaux en Europe sont mal rémunérés au Sénégal : ainsi, les ouvriers en bâtiment ne gagnent qu’entre 4 et 6 dollars par jour a-t-il ajouté.

Les migrants qui reviennent de France ont en général une meilleure situation que les migrants qui reviennent d’Espagne, car ils sont souvent plus âgés et plus instruits, ils ont vécu sur place plus longtemps et ont eu davantage de temps pour préparer leur retour, selon notre spécialiste Me. Serigne Babacar Guèye directeur du réseau international Diaspora En Ligne (RIDEL).

Toujours selon lui, la récession qui secoue l’Espagne a mis un habitant sur quatre au chômage et forcé bon nombre de migrants à tenter de rentrer chez eux, bien souvent sans argent. Près de la moitié des demandes des émigrés Sénégalais adressées aux organisations qui travaillent pour les migrations concernant la façon de rentrer chez eux venaient des Sénégalais qui sont sans emploi en Espagne.

Retours forcés
Il est difficile d’évaluer la proportion de retours forcés et de retours volontaires, car il n’y a pas de définition universelle de ces termes.

La situation des migrants forcés au retour – en général, lorsque leur demande d’asile est rejetée – est plus difficile à gérer, car la plupart d’entre eux sont peu préparés, indique RIDEL. Bon nombre d’entre eux souffrent de dépression et sont rejetés par la société à leur retour chez eux.

Plusieurs organisations ou fondations ont lancé des projets, dont l’objectif est d’accorder des prêts et des bourses permettant aux migrants de se réinstaller, mais ils n’atteignent qu’une partie des migrants de retour, et le montant de ces subventions – bien que suffisant pour couvrir les dépenses du quotidien ne permettent pas de créer des entreprises viables, indiquent des critiques.

Information et planification

Si les migrants ont besoin d’argent, ils ont également besoin d’informations et de temps pour préparer et planifier leur retour, indique Monsieur Mamadou Mountaga Guèye, directeur exécutif de (RIDEL), des politiques au programme de migration du Sénégal. L’action du réseau Diaspora En Ligne, porte sur une meilleure sensibilisation des migrants aux opportunités de travail dans leur pays d’origine par le biais des réseaux de migrants à l’étranger.

17/05/2017

Source : Réseau International Diaspora En Ligne

 

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