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Quelle arme contre l’émigration clandestine africaine ?

grand-gueye-big1Depuis plusieurs jours, des drames de l’émigration clandestine africaine ne cessent d’alimenter les informations internationales. Malgré les risque de la mer, le renforcement des lois anti-immigration et des moyens maritimes et aériens de vigilance de Frontex, (agence pour la coordination des frontières extérieures de l’Union européenne)… rien ne semble arrêter les candidats à l’immigration partant à l’assaut des côtes européennes, au grand bonheur des trafiquants dont les revenus sont estimés à 300 millions de dollars par an, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

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Le nombre de migrants morts en tentant de traverser la Méditerranée a atteint en 2016 le niveau record de 3.800, a annoncé ce mercredi le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). « Nous pouvons confirmer qu’au moins 3.800 personnes ont péri ou ont disparu en Mer Méditerranée depuis le début de l’année, soit le bilan le plus élevé jamais enregistré », a déclaré William Spindler, porte-parole du HCR.

Ce chiffre ne tient pas compte des cadavres retrouvés ou disparus à la suite des naufrages si fréquents de « cayucos » (ces bateaux de pêche qui transportent les immigrés) au large des côtes espagnoles ou italiennes ou à quelques encablures des côtes africaines au Sénégal, en Mauritanie, en Guinée Bissau, en Libye…

L’Italie, qui a vu débarquer près de 155.000 personnes sur ses côtes cette année, doit loger les milliers de nouveaux arrivants de ces derniers jours, alors que son réseau d’accueil est en surchauffe (168.000 personnes hébergées, contre 103.000 fin 2015).

Face à l’échec des mesures sécuritaires pour endiguer cette immigration, il importe de repenser la lutte contre ce phénomène.

 A cet effet, il faut une « arme économique » pour juguler l’hémorragie des flux migratoires et stopper l’obsession des jeunes Africains d’émigrer à tout prix. Une arme à dégainer rapidement, sans modération et avec toutes sortes de munitions (annulation de la dette, suppression des subventions, augmentation de l’aide réelle au développement…) car la solution à ce problème passe par la lutte contre la pauvreté sur le continent africain.

Mais cela ne suffira pas. l’Afrique doit pouvoir vivre de ses cultures ; aussi est-il nécessaire de revoir les politiques de subventions des produits agricoles occidentaux, qui pénalisent les agriculteurs africains, et de promouvoir des mesures visant à l’abolition ou à l’abaissement de barrières douanières qui entravent les importations des produits africains en Europe.

 De plus, il faut renforcer les capacités des institutions et organisations spécialisées en migrations, à lutter contre la pauvreté. A cet égard, il a lieu d’encourager les forces de changement sur le continent, pour l’émergence de nouveaux dirigeants issus d’élections libres et transparentes, ayant à cœur de sortir leurs concitoyens de la misère et utilisant les ressources internes et externes pour endiguer cette pauvreté.

Il faut aussi arrêter de soutenir des dirigeants corrompus qui pillent les Etats africains pour alimenter leurs comptes en banque, ou les réseaux maffieux france-africains qui usent des élections frauduleuses et de la répression pour perdurer au pouvoir. 

Ce n’est qu’avec une telle arme économique, en soutien à des gouvernements démocratiques africains engagés résolument dans la lutte contre la pauvreté, que l’on pourra freiner ces drames de l’émigration africaine qui défraient toutes les chroniques et alimentent l’actualité internationale.

29/10/2016

Par: Me. Serigne Babacar Guèye: Réseau International Diaspora En Ligne

Source: Diasporaenligne.net

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