Témoignage de A. 27 ans, blessé à la jambe secouru par SOS MEDITERRANEE | Réseau International Diaspora En Ligne
Réseau International Diaspora En Ligne

Témoignage de A. 27 ans, blessé à la jambe secouru par SOS MEDITERRANEE

A. soudanais de 27 ans, a été secouru par les équipes de SOS MEDITERRANEE et MSF à bord de l’Aquarius le 28 avril 2017. Blessé à la jambe, il est immédiatement pris en charge par l’équipe médicale à bord. Dans la clinique, alors que le docteur examinait sa plaie, il a raconté son histoire à Kenny Karpov, photographe, volontaire de SOS MEDITERRANEE à bord de l’Aquarius. Enlevé et réduit à l’esclavage en Libye, il a été blessé par balles par ses ravisseurs alors qu’il tentait de s’échapper.

« Quand je suis arrivé à Tripoli, je n’ai pas trouvé de travail. J’ai cherché pendant deux mois, attendu, attendu, jusqu’au jour où un ami m’a parlé d’un Libyen qui pourrait me donner du travail dans une ferme. J’y suis allé, mais après deux mois de travail à la ferme, mon patron a refusé de me payer. Je voulais retourner à Tripoli, pour retrouver un de mes proches, mais l’homme qui m’avait acheté m’a dit que je ne pouvais pas partir. Il m’a vendu à un autre fermier libyen et c’est là que j’ai rencontré un groupe de soudanais.

Dans cette deuxième ferme, nous vivions tous entassés dans une petite pièce. On me donnait à manger une fois par jour, mais je n’avais jamais le droit de sortir et j’étais déjà malade. Les Libyens ne se préoccupent pas de notre santé. Les autres soudanais se sont liés d’amitié avec un jeune garçon libyen qui vivait dans les parages, un garçon de tout juste douze ans. Un jour, ils lui ont donné de l’argent pour qu’il aille en ville m’acheter à manger, pour que je puisse aller un peu mieux. Ils s’occupaient tous de moi. Je suis resté dans cette ferme pendant 50 jours.

Le jour où nous avons tenté de nous échapper, il y avait deux Libyens avec nous. L’un d’eux nous a dit que si nous ne leur donnions pas l’argent qu’ils avaient demandé avant 17 heures, ils tueraient l’un d’entre nous, puis il est parti. Il ne restait plus qu’un Libyen, qui nous gardait. A un moment, il a reçu un appel de sa femme, et là il nous a dit de nous taire, parce qu’il ne voulait pas qu’elle entende nos voix. Il a raccroché et il nous a dit qu’il devait partir. Alors nous sommes restés seuls. Nous avions déjà pensé à nous échapper, le moment semblait enfin venu. Nous avons regardé par la fenêtre, pour voir s’il y avait quelqu’un. Les autres sont sortis pour contrôler dehors et n’ont vu personne. Nous avons tenté de nous échapper, mais les voisins nous ont vu et ils ont commencé à nous tirer dessus. Nous avons couru dans tous les sens. J’ai été blessé à la jambe et on m’a amené dans une pièce. Une des personnes qui était là a proposé de me tuer. L’autre a dit non, parce que j’étais malade. Alors ils m’ont juste frappé. Plus tard, celui qui avait proposé de me tuer s’est excusé, et je lui ai dit : « je te pardonne ».

A. a été secouru en pleine mer par l’Aquarius le vendredi 28 avril. Le 30 avril au moment de débarquer en Italie, il ne tenait pas sur ses jambes. Aidé par des volontaires et le personnel médical il a été pris en charge par les autorités et transféré en ambulance vers l’hôpital le plus proche.

Texte : Kenny Karpov et Mathilde Auvillain Diasporaenligne.net

 

Comments

comments

URL courte: http://diasporaenligne.net/?p=51755

Répondre

Galerie photo

Copyright : RESEAU DIASPORA EN LIGNE 2000-2016. TOUS DROITS RESERVES