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Un Ivoirien nommé à la tête du Crédit Suisse

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Marietou, la mère de Tidjane Thiam, était la nièce de Félix Houphouët-Boigny, fondateur et premier Président de Côte d’Ivoire. Né au Sénégal, son père, Amadou Thiam est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’honneur, la plus élevée des décorations françaises. Habib Thiam, l’oncle de Tidjane, a été Premier ministre du Sénégal pendant plus de 10 ans. Le 14 juillet 2011, Tidjane Thiam reçoit lui-même ses insignes de Chevalier de la Légion d’honneur.
Tidjane Thiam, né en Cote d’Ivoire dans une famille aisée, éduqué avec brio principalement en France pour finalement présider la Prudential au Royaume-Uni, se voit propulsé à la tête du Crédit Suisse, la deuxième banque du berceau de la Croix-Rouge.

En quittant la Prudential, membre du Footsie, l’indiceFTSE 100 des cent entreprises britanniques les mieux capitalisées, l’indice perdra son seul, unique et premier directeur général Noir.

Ce mouvement a eu un écho marqué dans le monde de la finance. Les actions de la Prudential Plc ont plongé de 3% après que l’assureur britannique ait confirmé que son productif patron quittait son poste pour reprendre au sommet de groupe bancaire Crédit Suisse. De l’autre cote, les actions du Credit Suisse ont connu un bond de 6.7% pour accueillir la nomination de M. Thiam.

L’homme né à Abidjan en 1962 a su transformé la multinationale britannique en la plus fructueuse compagnie d’assurance du pays, développant des marchés au Ghana, Kenya et en défrichant les marchés asiatiques. Le prix de l’action Prudential a triplé depuis Tidjane Thiam a pris les commandes en octobre 2009. Thiam a émis. «Je suis vraiment heureux d’être en mesure de me retirer à un moment où tout va bien. C’est un rare privilège pour un PDG et je me compte très chanceux. »

Mais comme dit le dicton, « La chance est bien souvent un hasard qui se provoque. » Premier Ivoirien à entrer à l’École Polytechnique de France en 1982, MBA de l’INSEAD en 1988, directeur stratégique du groupe Aviva en 2002, il quitte la France pour atteindre les plus hauts échelons hiérarchiques d’une grande entreprise. Une progression qu’il juge inaccessible en France, à cause du fameux « plafond de verre », une expression qui explique que dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes.

Il écrira dans une éloquente lettre à l’Institut Montaigne, un think tank français dont l’objectif est de concilier les enjeux de compétitivité et de cohésion sociale:

[..]Devant ces policiers français comme moi et qui me tutoient. Frustration de devoir m’exiler à Londres, fatigue de me cogner le crâne contre un plafond de verre parfaitement invisible, mais o combien réel.

Fatigué de voir des collègues moins compétents s’élever et progresser quand ma carrière stagnait. Frustré de voir que l’Angleterre sait me donner aujourd’hui tout ce que la France n’a pas toujours voulu ou simplement peut-être su me donner : opportunités, respect et le don le plus précieux bien sur : indifférence a ma couleur.

Frustration quand l’un de mes camarades d’école devenus chasseur de têtes m’avoue embarrassé, qu’il a cessé d’inclure mon profil dans ses réponses à ses clients français, parce que la réponse invariablement était : profil intéressant et impressionnant, mais vous comprenez…’. Tout là aussi était à chaque fois dans le non-dit, dans ces points de suspension.

Seule ma foi dans les idéaux que défend et représente la France me permet quand c’est nécessaire, de mettre en perspective l’étroitesse d’esprit à laquelle nous tous, porteurs d’une différence visible, sommes si souvent confrontés.

J’entends que depuis ces années quatre-vingt qui virent le début de ma carrière professionnelle, les choses ont changé et pour le mieux. Je m’en réjouis même si je demeure convaincu qu’il nous reste en France beaucoup de chemin à parcourir pour parvenir à une véritable égalité des chances.[…]Tidjane Thiam

Des défis importants attendent Tidjane Thiam dans le redressement des finances de la banque souillé par les histoires d’évasions fiscales de milliardaires américains. Le Crédit Suisse a déclaré que son actuel patron, Brady Dougan, quitterait t à la fin de juin 2014. M. Dougan est devenu chef de la direction de la banque suisse en 2007 et l’a dirigé pendant la crise financière.

Son siège chauffait lorsqu’il a plaidé coupable à des accusations d’avoir aidé des citoyens américains échappés à l’impôt, devenant la première banque en plus d’une décennie à admettre un crime aux États-Unis. Une faute qui a coûté 2,6 milliards de dollars américains a la banque comme règlement. M. Dougan a mis le blâme sur un petit nombre de banquiers suisses qui contournaient, selon lui, les contrôles de la banque.

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