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Vague de froid à Paris : des avocats alertent sur la situation des mineurs isolés

vivent dans les rues de Paris, 400 seraient mineurs. Des avocats interpellent le procureur de Paris afin que l’État prenne ses responsabilités en mettant à l’abri les jeunes migrants isolés.

« De nombreux mineurs non accompagnés (…) se trouvent actuellement livrés à eux-mêmes dans les rues de Paris, sans abri, par des températures négatives, et de ce fait exposés à un danger grave et immédiat pour leur santé physique et psychique ». Dans une lettre envoyée au procureur de Paris et au parquet en charge des mineurs jeudi 8 février, plusieurs avocats alertent sur la situation « très préoccupante » des jeunes migrants isolés de Paris. « Leurs conditions de vie sont déjà très difficiles en temps normal mais avec les chutes de neige et les températures glaciales c’est encore pire », s’alarme à InfoMigrants l’avocate Catherine Delanoë-Daoud, une des responsables du pôle mineurs non-accompagnés du barreau de Paris.

En 24 heures, cette avocate à l’origine du signalement a recensé 128 personnes âgées de 13 à 17 ans mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, les associations estimant qu’environ 400 mineurs sont en grande difficulté dans les rues de Paris. « Depuis l’envoi du courrier, j’ai rajouté 40 noms sur la liste. Nous en sommes donc à 168 mais nous devions envoyer la lettre au plus vite afin de trouver rapidement des solutions pour ces jeunes », explique-t-elle encore.

Des avocats signalent au procureur de Paris la situation de 128 mineurs non-accompagnés en danger dans les rues de… http://www.dalloz-actualite.fr/flash/des-avocats-signalent-au-procureur-de-paris-situation-de-128-mineurs-non-accompagnes-en-danger#.Wn1Qs2YznLg.twitter  devoir de protection

Risques d’exploitation

Car le froid n’est bien entendu pas le seul danger qui les guette. Les quelque 400 mineurs qui vivent dans les rues de Paris s’exposent notamment à des risques d’exploitation. En échange d’un hébergement pour la nuit, certains disent avoir subi des sévices sexuels ou ont été forcés d’effectuer des travaux (tâches ménagères…). « Lors d’une permanence, un jeune m’a dit : ‘quand l’homme qui m’a hébergé m’a demandé un soir de venir dans sa chambre, je me suis dit que je ne pouvais pas refuser’ », raconte Catherine Delanoë-Daoud.

Pour identifier et recenser un à un ces mineurs à Paris, les avocats se sont appuyées sur des informations d’associations de terrain spécialisées dans la prise en charge des migrants et des mineurs isolés. La liste contient le prénom, nom, âge et numéro de téléphone de la personne, « pour pouvoir les contacter si une solution est proposée par l’État », précise Catherine Delanoë-Daoud.

Les avocats signataires de la lettre demandent au procureur de Paris de leur trouver un hébergement au plus vite. « Il appartient aux pouvoirs publics et sous votre autorité de mettre tous les moyens matériels et humains en œuvre afin d’assurer une protection efficace de ces mineurs (…). Nous vous demandons de les mettre en sécurité de toute urgence », écrivent-ils. Catherine Delanoë-Daoud rappelle à InfoMigrants qu’en vertu de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant signée par la France, l’État à l’obligation d’offrir une protection aux mineurs français ou étrangers présents sur son territoire. « L’État est donc dans l’illégalité », résume l’avocate.

La France, « zone de danger humanitaire » ?

La situation de ces jeunes l’amène à s’insurger contre la politique migratoire du gouvernement : « vous vous rendez compte que selon Médecins sans frontières (MSF) qui travaille normalement dans des pays en guerre, les mineurs à Paris sont dans une zone de danger humanitaire ! ».

>> À lire sur InfoMigrants : Plan Grand froid : à Paris, la prise en charge des migrants tourne au fiasco

Côté MSF on confirme cette terminologie. « En règle générale, on travaille dans des pays en proie à des conflits où les États n’ont pas la capacité de prendre en charge les populations vulnérables », précise un membre de MSF qui souhaite rester anonyme. « En France, l’État en a la capacité mais décide volontairement de ne pas le faire. Nous sommes donc dans une zone de danger humanitaire puisque les besoins élémentaires ne sont pas couverts ».

Reste aussi que la circulaire Collomb qui prévoit de recenser les migrants dans les centres d’hébergement a eu pour effet immédiat d’installer la peur. Certaines personnes « refusent de s’y présenter par crainte de se retrouver dans un dispositif piégeux qui les conduise à une procédure de renvoi », dit à l’AFP Louis Barda de Médecins du Monde.

infomigrants – diasporaenligne.net

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