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Violences à Calais : « si nous portons plainte c’est que nous avons des preuves »

Lundi 15 janvier, deux associations d’aide aux migrants à Calais ont porté plainte contre X pour « destruction » et « dégradation » de couvertures. Elles affirment depuis des mois que les forces de l’ordre lacèrent, jettent ou gazent les effets personnels des migrants.

Alors qu’Emmanuel Macron a déclaré mardi 16 janvier lors d’un déplacement à Calais que les critiques sur les actions des forces de l’ordre étaient des « mensonges » et des « manipulations », deux associations d’aide aux migrants (le Secours catholique et l’Auberge des migrants) ont porté plainte contre X la veille pour « destruction » et « dégradation » de « sacs de couchages, duvets, bâches et tentes » qu’elles avaient « prêtés » aux migrants.

Et… on l’a fait !
Plainte contre X pour dégradation et destruction et dégradation des sacs de couchage envoyée il y a quelques heures !

« Vous vous imaginez bien que si nous portons plainte c’est que nous avons des preuves », a déclaré à InfoMigrants le vice-président de l’Auberge des migrants, François Guennoc. Selon les bénévoles présents à Calais, la police confisque régulièrement vêtements et couvertures aux migrants qui errent dans les rues de cette ville du Nord de la France.

Lassés de condamner ces dégradations et pour pouvoir porter plainte, plusieurs associations ont donc, début décembre, distribué aux migrants des duvets estampillés de leur logo, en échange d’un contrat de prêt, prouvant que « ces biens sont notre propriété », dit François Guennoc. La police s’expose ainsi, en théorie, à des accusations de dégradation ou de destruction volontaire de biens privés.

: signature des premiers contrats de prêt ! Attention @gerardcollomb ce duvet reste notre propriété !

Selon plusieurs membres associatifs, leurs duvets ont été confisqués par les forces de l’ordre et jetés dans des bennes. « J’ai été témoin de destructions de couvertures », signale à InfoMigrants Vincent de Coninck du Secours catholique. « Le 11 décembre dernier, la police a jeté nos sacs de couchage qu’utilisaient les migrants pour se protéger du froid. Les gendarmes ont même tenté de m’empêcher de prendre des photos », explique-t-il.
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: gendarmes l’affirment: « pas de bâches/duvets ns appartenant »…. Ns suivons camion municipal qui va en déchetterie et oh stupeur nos affaires vont à la benne! Puis gendarmes me bloquent et tentent d’empêcher les photos. Jusqu’où irez-vs @gerardcollomb?

L’objectif de la plainte n’est pas, disent les associations, de faire condamner l’État mais de mettre fin aux destructions et aux dégradations du matériel. « Nous souhaitons simplement un peu moins d’indignité à Calais », souffle encore François Guennoc.

Mardi 16 janvier, plusieurs ONG ont refusé de rencontrer Emmanuel Macron, notamment Médecins du Monde qui fustige « la stérilité des discussions » et estime que « le discours tenu par le président de la République à Calais ne tient pas compte de la réalité dont témoignent nombre d’associations ». Le même-jour, dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, plusieurs proches du chef de l’État, dont l’économiste Jean-Pisany Ferry, ont estimé que la « politique [de Macron] contredit l’humanisme qu’il prône ».

Visite d’@EmmanuelMacron à : Médecins du Monde ne participera pas à la rencontre prévue avec le président de la République. http://www.medecinsdumonde.org/fr/actualites/france/2018/01/16/non-nous-ne-rencontrons-pas-monsieur-macron 

infomigrants.net – diasporaenligne.net

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